Le plan vélo annoncé par le Premier ministre le 14 septembre dernier prévoit la généralisation progressive du marquage des vélos afin d’éradiquer le vol et le recel de vélos.
Des informations erronées circulent dans la presse et sur les réseaux sociaux depuis hier et sont démenties par le Gouvernement. 

Ci dessous l’analyse de la FUB sous forme d’un Vrai / Faux.

Le plan vélo prévoit le marquage systématique pour les vélos neufs.
VRAI ! Tous les vélos neufs mis en vente un an après la promulgation de la loi d’orientation des mobilités devront être marqués.

Le plan vélo prévoit l’instauration d’une carte grise pour les vélos.
FAUX !
 Il y aura uniquement un certificat de propriété du vélo afin de garantir sa provenance et de lutter contre le recel lors d’une revente. Il n’y aura aucun document à porter sur soi. A ce jour, il existe déjà le passeport BICYCODE®, remis au cycliste qui fait graver son vélo. Il s’agit d’un mode d’emploi lui permettant de sécuriser son enregistrement sur la base de données bicycode.org et d’une preuve de propriété de son vélo à transmettre lors de la revente.

Le plan vélo prévoit l’instauration d’une taxe pour obtenir sa carte grise.
FAUX ! 
Actuellement, le marquage coûte entre 5 € et 15 €, et est parfois gratuit. Il sert à couvrir les frais de gestion du service (base de données sécurisée, machine de marquage, main d’œuvre…).

Le plan vélo prévoit de forcer les cyclistes à enregistrer leurs vélos dans un fichier national.
FAUX ! 
Pour être efficace contre le vol, le système de marquage de vélos doit être couplé à une base de données nationale unique, sur laquelle les propriétaires de vélos sont invités à noter leurs coordonnées, permettant d’être contactés lorsqu’un vélo volé est retrouvé. Cet enregistrement est utile afin de vérifier en cas de doute le statut du vélo et de savoir s’il a été déclaré volé ou non. C’est déjà le cas avec la base de données BICYCODE®, qui est déjà accessible par les services de Police et de Gendarmerie dans le cadre d’une convention de partenariat avec le ministère de l’Intérieur depuis 2015. 

Le plan vélo prévoit une immatriculation des vélos, permettant de verbaliser le cycliste.
FAUX ! 
L’objectif poursuivi en marquant les vélos est uniquement la lutte contre le vol et le recel, afin d’une part de restituer le vélo à son propriétaire lorsqu’un vélo volé est retrouvé, et d’autre part d’éviter d’acheter un vélo volé et de devenir de fait un receleur. Sa vocation n’est absolument pas de faciliter la verbalisation des cyclistes.

Le plan vélo prévoit la généralisation du marquage de l’ensemble des vélos.
FAUX !
 D’ici 2020, en effet les vélos neufs devront être marquées par les vendeurs de vélos professionnels.
Pour les vélos d’occasion, ils ne devront être marqués qu’en cas de revente par un professionnel, à partir de 2021 (12 mois après les vélos neufs). Il n’y a pas d’obligation pour les ventes entre particuliers. Par contre, il est toujours recommandé à tout propriétaire de vélo d’occasion de le faire marquer afin qu’on puisse lui restituer en cas de vol, et lorsqu’il vendra son vélo, de  garantir qu’il n’est pas volé, et contribuer ainsi à la lutte contre le vol de vélos. ‘’C'est comme un vaccin, tant que peu de vélos seront marqués, cela ne protégera que ceux qui sont marqués, mais avec une masse critique suffisante de vélos marqués, cela aura un impact global sur les vols’’, précise Olivier Schneider.

Le plan vélo prévoit l’obligation d’assurer son vélo.
FAUX ! 
En revanche, si le vélo est marqué, l’assureur sera plus enclin à l’assurer contre le vol et à proposer de meilleures conditions. Certaines assurances exigent déjà le marquage des vélos (tout comme un bon antivol).

L’objectif du plan vélo est de lutter efficacement contre le vol et le recel de vélos grâce au marquage et au stationnement sécurisé.
VRAI !
 Atteindre une masse critique de vélos marqués est la seule solution efficace pour décourager les voleurs. Un vélo non marqué ne trouvera plus d’acheteurs et devrait mettre fin aux trafics de vélos volés. C’est l’objet des efforts de la FUB qui travaille sur le sujet de la lutte contre le vol depuis 2004, avec la création du marquage BICYCODE®. Seule une mesure nationale comme celle du plan vélo pourra décupler l’impact de cette action sur les vols.
Plus d’infos sur le marquage BICYCODE® sur www.bicycode.org

Quoi qu’il en soit, le projet de loi visant à généraliser le marquage des vélos doit être présenté au conseil des ministres avant la fin de l’année. Il doit être discuté et peut-être modifié par des amendements courant 2019 à l’Assemblée nationale et au Sénat pour une mise en application un an après, donc pas avant 2020.

 

Télécharger le communiqué de presse de la FUB.

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En famille sur les petites routes, avec des vélos couchés

Devant un camping du Sud-Ouest : « C’est une région où les cyclotouristes sont très bien accueillis par les propriétaires de campings.  Ce qui n’est pas toujours le cas le long des côtes de la Méditerranée… » DR

Conquise depuis quatre ans par les vacances nomades au rythme lent du deux-roues, la famille Hilbert, de Colmar, achève un voyage de 2 500 km à travers la France.

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En famille sur les petites routes, avec des vélos couchés

le 14/08/2012 à 05:00 par Élisabeth Schulthess


Devant un camping du Sud-Ouest : « C’est une région où les cyclotouristes sont très bien accueillis par les propriétaires de campings.  Ce qui n’est pas toujours le cas le long des côtes de la Méditerranée… » DR

Devant un camping du Sud-Ouest : « C’est une région où les cyclotouristes sont très bien accueillis par les propriétaires de campings. Ce qui n’est pas toujours le cas le long des côtes de la Méditerranée… » DR

Conquise depuis quatre ans par les vacances nomades au rythme lent du deux-roues, la famille Hilbert, de Colmar, achève un voyage de 2 500 km à travers la France.

« Que ne l’avons-nous tenté plus tôt… » Annemarie et Frédéric Hilbert ainsi que leurs fils n’envisagent plus de passer autrement leurs vacances que sur un vélo couché, pour goûter aux paysages de France, de Navarre et d’ailleurs.

Cet été, ils ont pris, à la mi-juillet, le TGV, direction Bordeaux. De là, ils n’ont plus quitté leur monture jusqu’au retour, prévu le 18 août. Quatre semaines et demie à pédaler le long de la côte atlantique jusqu’à Biarritz en suivant la Vélodyssée, à traverser les contreforts des Pyrénées et le Gers, pour emprunter à Toulouse les bords du canal du Midi jusqu’à Montpellier. Un petit tour par la mer à Agde et changement de direction, cap vers l’Alsace. À raison de 80 km par jour en moyenne, plus ou moins selon les dénivelés et la qualité du tracé.

« Rien de bien sportif, rassure Annemarie. Chacun roule à son rythme. Nous empruntons les pistes cyclables ou les petites routes, à l’écart du trafic. Nous aimons la diversité des paysages, qui changent chaque jour. Nous nous sentons en harmonie avec la nature. »

Et les enfants ? « Ils ont pris goût à la locomotion lente. L’aîné, qui vient de trouver un emploi, serait volontiers parti avec nous. Les deux autres, qui ont 15 et 19 ans, étaient libres de venir ou pas. » Ils ont choisi le voyage familial. « C’est un temps d’échanges privilégié : durant l’année scolaire, nous n’avons pas l’occasion de vivre autant ensemble, souligne la maman. Plus on avance, plus on est détendu. On se coupe du quotidien et l’on revient serein, même si l’on n’a pas très envie de rentrer… »

Ces vacances nomades, ils les conçoivent sur le mode de la liberté. S’arrêter quand bon leur semble, s’affranchir des contraintes de la réservation des campings, visiter Bordeaux ou Carcassonne, se détourner de Toulouse, « peu accessible à vélo », prendre le temps de parler avec des petits producteurs de fromages ou de saucisses du terroir et faire provision de spécialités locales pour les jours à venir…

Leurs grosses sacoches leur assurent une autonomie certaine. Tentes, sacs de couchage, réchauds à gaz et à bois, casseroles, vêtements et quelques vivres : il y en a pour près d’une centaine de kilos, 30 à 35 kg pour le père, 20 pour la mère et chaque jeune.

Le vélo couché leur vaut des échanges inattendus au détour d’un chemin ou le soir au camping. « Il intrigue. » Et facilite l’entrée en conversation. « Entre cyclotouristes, on s’échange cartes et bons tuyaux, on passe des soirées sympas ensemble. »

Leur premier voyage, de Saint-Nazaire à Colmar, c’était sur des vélos droits. Avec l’inévitable mal aux fesses. Le deuxième, de l’Alsace à Budapest, le long de l’Eurovélo 6, sur des vélos couchés, achetés d’occasion en Allemagne et en Hollande, environ 1 000 € pièce, a été convaincant : « C’est très confortable, on n’a plus mal nulle part. »

Un investissement conséquent, compensé par l’abandon de la voiture : « A Colmar, nous circulons à vélo ou à pied. Si occasionnellement il faut une voiture, nous en louons une à la coopérative Auto’trement. » Et le budget vacances ? « Pas plus élevé qu’une location. » Le billet de TGV leur a coûté 45 € par personne, vélo compris, en réservant trois mois à l’avance, au guichet. « La SNCF a fait des progrès, mais tous les trains ne sont malheureusement pas accessibles aux cyclistes. Avec des vélos couchés, plus grands que les normaux, il faut s’amuser à les empiler. Quant aux familles avec jeunes enfants, elles ne peuvent pas embarquer de remorque. »

Cyclistes militants, les Hilbert participent à l’organisation du Festival du voyage lent à Colmar baptisé « Du bout de la rue au bout du monde », estimant « qu’il n’y a pas besoin d’aller loin pour être dépaysé ». Ils avancent sans essence, à la force des mollets. « Ça fait du bien au corps, et à l’esprit ».

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