Faire en sorte que les jeunes se rendent au collège à vélo, en toute autonomie : c’est l’objectif du programme « Savoir rouler à vélo », lancé par le ministère des Sports en avril 2019. Ses objectifs sont ambitieux il s’agit de former 860 000 jeunes d’ici à 2022 ! Après un an d’existence, l’initiative est logiquement saluée par les associations qui encouragent la pratique du vélo. Mais faute de financements nationaux, de gros points d’interrogation subsistent quant à l’installation du dispositif dans le temps.

Tous en selle ! Après, le savoir nager, place au savoir rouler à vélo (SRAV), pour les initiés. Ses prémices remontent au Comité interministériel à la sécurité routière qui a adopté, le 9 janvier 2018, cette mesure visant à « accompagner le développement de la pratique du vélo en toute sécurité ». Elle a ensuite été lancée officiellement en avril 2019, par le ministère des Sports, après avoir été reprise dans le cadre du plan Vélo et mobilités actives de septembre 2018. Pour rappel, ce plan vise notamment à faire du vélo, un mode de transport à part entière. Dans les chiffres, cet objectif se traduirait par un triplement de sa part modale dans les déplacements du quotidien d’ici à 2024, en passant de 3 % à 9 %. Et ce, dans un pays où la place du vélo reste très modeste. La France se positionne en effet au 25e rang dans l’Union européenne…

Savoir pédaler, savoir rouler, savoir circuler

De façon concrète, « la loi d’orientation des mobilités (LOM) a donné une base légale à ce projet », souligne la ministre des Sports Roxana Maracineanu. « Les écoles primaires deviennent légalement parties prenantes de cet apprentissage ». Le savoir rouler à vélo cible donc les enfants âgés de 6 à 11 ans. Il doit leur permettre de se rendre au collège à vélo, de façon sécurisée et en toute autonomie. Pour cela, ils bénéficient – ou vont bénéficier – d’une formation de 10 heures réparties en trois étapes :

  • savoir pédaler : l’objectif est de maîtriser les fondamentaux du vélo. Il s’agit d’acquérir un bon équilibre et d’apprendre à conduire et à piloter son vélo. C’est-à-dire, pédaler, tourner, freiner ;
  • savoir circuler : pour découvrir la mobilité à vélo en milieu sécurisé. Autrement dit, savoir rouler en groupe, communiquer pour informer les autres d’une volonté de changer de direction, et découvrir les panneaux ;
  • savoir rouler : ici, l’enfant doit circuler en situation réelle. Cette étape consiste à rouler en autonomie sur la voie publique et à s’approprier les différents espaces de pratique.
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Le service voirie de la ville de Mulhouse à mis les bouchées doubles pour se  mettre en conformité avec le gouvernement et Mme le Ministre de l'Environnement . De mémoire de mulhousien ont avait jamais vu fleurir autant de vraie pistes  cyclable ses 20 dernière années!  Phénomène encore plus incongru des voitures qui suivent paisiblement des cyclistes sur les anciens boulevards dédié à la bagnole transformé en Vélo-Rue limité à 20km/h ou 30km/h.
A ce rythme là il sera bientôt agréable de faire du vélo à Mulhouse que dans la campagne environnante ! 

Tous çà c'est quand même grâce à Mme Elisabeth Borne qui a insufflé le changement de paradigme entre  vélos et autos.

 

 

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La ville de Mulhouse communique en grand voir en très grand pour inciter les citoyens à privilégier le vélo pour les déplacements en ville durant la période de sortie de confinement COVID-19. 

A  MULHOUSE POUR MES DEPLACEMENTS ET MA SANTE JE CHOISIS LE VELO

#Deconfinement #Amenagementscyclables | A #Mulhouse,

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C'est avec un peu de retard par rapport à d'autres  ville que le duo Rottner Trimaille rament pour remettre  Mulhouse et leur liste municipale dans la course en dévoilant  les futurs CORONAPISTES qui seront progressivement mis en place à partir de la semaine 22 jusqu'à fin août . La municipalité prévoit l'aménagement de 15 km d'axes cyclables "continus et sécurisé"  et en prime l'abaissement de la vitesse à 20km/h dans l'hyper centre.

Philippe TRIMAILLE, adjoint au maire de Mulhouse et délégué à la mobilité avait convoqué les médias locaux, mercredi 20 mai, pour faire un point de presse et déroule " la Ville de Mulhouse n'improvise pas …" il nous explique que tous était prévus mais que çà met plus de temps  "on travaille dessus depuis des semaines avec les équipes des services "  et poursuit "des aménagements cyclables qui vont être mis en place à Mulhouse suite au déconfinement" .

Hasard du calendrier un dossier consacré au vélo a été publié deux jours précédent dans les pages du quotidien local ….bien entendu aucun rapport avec cette petite action précipité de com autour du vélo !

L’objectif est de créer deux axes complets et sécurisés, reliant le pont de Bourtzwiller au pont de Riedisheim d’une part et le quartier du Drouot aux Coteaux d’autre part. « Transformer l’ambiance de la ville, l’apaiser, la rendre plus silencieuse… Le vélo et les transports en commun permettent de le faire », explique le premier adjoint au maire Jean Rottner également présent. Et si, de l’aveu de Philippe Trimaille, « les Mulhousiens n’ont pas attendu pour s’approprier les dispositifs qui existent déjà », ces derniers vont être largement renforcés et complétés.

S’appuyant sur des tronçons cyclables existants, la Ville  ainsi, dès la semaine prochaine, créer une quinzaine de (kilomètres) de CORONAPISTES - Mulhouse que vous pouvez télécharger ici d’axes cyclables sécurisés

Pour ce faire, des bandes cyclables vont être élargies, des rues placées en sens unique, des voies neutralisées… Mais pas seulement : « La vitesse sera limitée à 20 km/h dans toutes les rues du centre-ville, pour sécuriser les cyclistes et les piétons, expose Philippe Trimaille. Il y a une attente que l’on a mesurée, en consultant la population pour voir ses attentes en matière de déplacements au moment du confinement. »

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                          http://www.alsace-velo.fr/reportages/item/2448-carte-des-coronapistes-mulhouse
DR

 

Les participants à la concertation, mise en ligne sur mulhousecestvous.fr, ont ainsi été majoritairement favorables à la neutralisation d’une partie de la voirie sur certains grands axes, pour favoriser les déplacements à vélo. « Il ne s’agit pas de semer la pagaille dans la ville », rassure Philippe Trimaille, qui annonce aussi des expérimentations à moyen terme, de mi-juin à mi-août, toujours en concertation avec les habitants. « Nous allons renforcer le dispositif de manière progressive et contrôlée, avec la possibilité pour les habitants de donner leur avis en permanence. Dans le même temps, un comité de suivi réunira des représentants de tous les conseils participatifs, des techniciens, des élus, des représentants associatifs… »

Ces expérimentations concerneront notamment le pont de Bourtzwiller, avec la libération au profit du vélo d’une voie de circulation dans les deux sens. Suppression de voies également du côté de la Porte de Bâle ou de la rue Lefèbvre. « C’est très technique, il ne s’agit pas non plus de supprimer des voies de bus », confie Philippe Trimaille. « Ce qui est intéressant, c’est de tester en direct, avec les Mulhousiens, pour trouver la meilleure formule possible, complète Jean Rottner. Le vélo est un bon moyen pour vivre la ville autrement ! »

Si l’accent est mis sur le vélo en cette période de déconfinement, Jean Rottner et Philippe Trimaille insistent sur l’importance des transports en commun. « La crise ne doit pas faire une victime de plus, les transports en commun, qui sont les moins polluants », souffle l’adjoint délégué aux Déplacements urbains. Et Jean Rottner de conclure : « Des efforts sont faits dans les transports en commun pour accueillir ceux qui les utilisent, il s’agit d’être dans la prévention ! »

 

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L'association guebwilleroise Roue Pèt, qui milite pour la promotion de l’usage du vélo au quotidien, ne peut que se réjouir à la suite de l’annonce du plan gouvernemental « Coup de pouce vélo ». « C’est totalement en adéquation avec notre démarche », souligne Géraldine Wiss, l’une des chevilles ouvrières de l’association. Cette dernière a d’ailleurs entamé des démarches afin que l’association puisse s’inscrire dans le cadre de ce plan. Elle annonce ainsi que l’atelier de la rue des Alliés rouvrira ses portes le 28 mai.

« Nous sommes une toute petite structure, alors ça risque d’être un peu de l’improvisation », redoute-t-elle. « Nous ne pourrons pas accueillir plus de deux adhérents à la fois au sein de l’atelier, avec les mesures sanitaires », prévient-elle. Géraldine réfléchit donc déjà à des moyens de faire patienter les adhérents. « Quand la météo le permettra, nous pourrons par exemple proposer des lectures de récits de voyage à vélo, qui se dérouleront en extérieur », dévoile-t-elle.

CONTACTER Géraldine au 06.86.66.19.67 ou Thomas au 06.16.86.68.98 ou par mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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Manque de réactivité par rapport à d'autres villes, rien ne sera installé pour le premier jour de déconfinement à Mulhouse et dans les communes de la m2A . L'objectif était de profiter de la période de confinement pour mettre en place les premiers aménagements provisoires pour limiter l'espace dédié aux voitures comme le propose le guide des Aménagements Cyclables Provisoires du CEREMA.
 
Un gouffre entre la communication affichée sur les réseaux de société Facebook de la Ville de Mulhouseet les actes c'est tous simplement inacceptable 
 
FB"La Ville de Mulhouse se mobilise pour vous permettre d’adapter vos déplacements aux règles de la sécurité sanitaire, en encourageant et en facilitant l'usage du vélo et des mobilités douces dès le début du processus de déconfinement.
Des aménagements cyclables provisoires vont être mis en oeuvre dès le 11 mai sur deux axes structurants, accessibles aux habitants de tous les quartiers, desservant la plupart des établissements publics : Coteaux/Dornach-Drouot et Bourtzwiller-Hôpital, via Porte Jeune."
 
Un questionnairea été envoyé il y plus de 15 jours à toutes les communes et villes membre du 'Club des Villes & Territoires Cyclables de France" Mulhouse et d'autres communes de la m2A en sont membre.
 

      +              = O M

 
Il convenait également de communiquer en faisant une campagne pour inciter les gens à prendre leur bicyclette (coupdepoucevelo.fr) et les informer des itinéraires proposés ainsi que des solutions de stationnement sécurisés qui auraient du être mises en place.
 
La réalisation d'aménagements cyclables n'est pas chose aisée si l'on n'a pas une ambition politique forte en faveur de ce mode de déplacement. L'implantation du tramway en 2006 a eu des répercussions catastrophiques pour les cyclistes puisque les décideurs de l'époque, malgré leurs promesses, ont complètement délaissé le vélo au profit des véhicules motorisés.
 
En 2007, le CADRes Mulhouse avait  fait une étude pour analyser le point névralgique Pont de Bourtzwiller et son prolongement la rue de Soultz. L'étude réalisée  avait été pilotée par Mme Isabelle Lesens référente nationale dans le domaine cyclable  et a permis d'avancer plusieurs suggestions dont la plus pertinentes cliquez ici pour voir le document .
 
 
 
Dernière minute : 11.05.2020  8 h 30  : les pistes sont encore fermées crying 
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Une concertation flash "Mobilités" a été mis en ligne sur le site Mulhouse c'est vous. On vous demande comment vous vous déplaciez avant et comment vous allez vous déplacer en sortie de confinement. Enfin la question qui tue , "Etes-vous favorable à ce qu’une partie de la voirie soit provisoirement neutralisée, sur certains grands axes, afin de favoriser les déplacements à vélo ?" 
Un petit rappel l'objectif est de construire de manière pragmatique et efficiente un réseau vélo en cohérence avec l'enjeux de sécurité sanitaire qui permet la libération de places potentiel pour les personnes n'ayant pas d'autres choix que de prendre les transport en commun tout en assurant la distanciation sociale sans pour autant avoir recours à la  voiture individuelle qui génère la pollution et stress . Le vélo est le moyen de déplacement le plus efficient pour des trajets de moins de 5 km ( le VAE permet de doubler voir tripler ce rayon d'action). Le vélo permet de retrouver une ville à taille humaine , de privilégier le bien être, le commerce de proximité et  vivre dans un environnement apaisé !

 

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« Est-t-il vraiment interdit de pratiquer le vélo loisir dans un rayon de 1km ?  Seul le décret 2020-293 du 23 mars fait loi et il ne précise pas qu'il soit interdit d'utiliser vélo, roller ou autre trottinette (et ce malgré les allégations de certains cabinets ministeriels qui elles, ne font pas loi). »

Cette question est très épineuse. Sur son site, le gouvernement explique que : "il est interdit de pratiquer le vélo pour les loisirs".

Mais la Fub, la Fédération des usagers de la bicyclette, a vivement protesté contre cette interdiction, car dans la loi rien ne stipule que la pratique du vélo pour des "Déplacements brefs, dans la limite d'une heure quotidienne et dans un rayon maximal d'un kilomètre autour du domicile" est interdite.

Le ministère de l'Intérieur le reconnait finalement : "La pratique du vélo reste donc possible dans tous les cas prévus par l’article 3 du décret du 23 mars, qu’il s’agisse d’une activité physique individuelle, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile comme pour les autres motifs de déplacements, aller faire ses courses ou aller travailler, par exemple. Ce sont les déplacements qui sont réglementés et non l’usage de la bicyclette."

Je conseil donc aux usagers de télécharger le Communiqué de Presse ci-dessous où de l'imprimer et le garder dans sa poche pour le présenter si vous vous faites contrôler par des agents tatillons ...

Une news à propos de la désinformation sur le site web d'Isabelle et le vélo

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Sur 30 millions de vélos possédés par les Français, les deux tiers prennent la poussière. Pour les faire sortir de la cave ou du garage, le gouvernement va offrir un « chèque réparation » de 50 euros. « C'est un coup de boost au vélo pendant la période de déconfinement pour inciter à choisir ce mode de déplacement. Nous voulons que cette période fasse franchir une étape dans la culture vélo, et que la bicyclette soit la petite reine du déconfinement en quelque sorte », explique la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, qui porte le plan pour faciliter la pratique du vélo.

Au total, 20 millions d'euros sont débloqués par son ministère pour prendre en charge des réparations, des places de stationnement temporaires et des formations.

En ce qui concerne le chèque réparation, aucune feuille de papier n'est à imprimer, il suffira de se rendre chez un réparateur référencé pour remettre en état son biclou sans rien débourser si la réparation coûte moins de 50 euros. Et de payer le reste à charge, si la note est plus salée. Le réparateur sera ensuite remboursé par l'Etat. Bien sûr, selon l'état des vélos, les prix sont très variables. Mais un billet de 50 euros représente déjà un coup de pouce appréciable. Pour changer les patins, comptez 15 euros. Pour une chaîne, il faut en général compter une vingtaine d'euros. Si c'est toute la transmission qu'il faut remplacer, on arrive vite à 50 euros.

Les professionnels prêts à passer la seconde

Plus de 3000 professionnels ou associations seront ainsi progressivement listés sur une plateforme mise en ligne dans les prochains jours. « Nous recensons et enregistrons tous ces acteurs en une huitaine de jours, c'est un vrai sprint ! » s'amuse Olivier Schneider, le président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) dont l'association pilote la plate-forme. Si les réparateurs de vélos font partie des commerces prioritaires, beaucoup sont aujourd'hui fermés et pourraient rouvrir avant le 11 mai.

« Bien sûr, le vélo ne pourra pas tout remplacer, mais il permet par construction de respecter les gestes de sécurité. Et ce peut être une véritable solution de transport alors que 60% des trajets effectués en France en temps normal font moins de 5 km », insiste Elisabeth Borne.

Ce plan fait partie d'un mouvement plus général. Bogota, Berlin, New York, aménagent des pistes cyclables provisoires. En France aussi, les collectivités n'ont pas attendu pour encourager l'usage du vélo alors qu'en période de Covid-19 l'idée de la promiscuité dans les bus, trams et autres métros effraie de nombreux usagers.

A Montpellier et Bordeaux, des pistes cyclables temporaires

En Ile-de France, la présidente de la région, Valérie Pécresse, travaille notamment avec le RER-vélo, un collectif d'associations qui a imaginé neuf lignes cyclables depuis Paris jusqu'à Mantes-la-Jolie ou Melun. Montpellier (Hérault) ou Bordeaux (Gironde) inaugurent également des pistes cyclables temporaires. A Nice, le maire a prévu de fermer une partie des rues de sa ville à la circulation automobile pour la réserver aux vélos et aux piétons. « On a assisté à des volte-face d'un certain nombre d'élus sur cette question, c'est très positif! » insiste Olivier Schneider.

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L'aménagement cyclable temporaire peut être un levier pour aider aux déplacements sécurisés post-confinement. Les obstacles et leviers ont été abordés lors d'un webinaire organisé par le CEREMA. Retour sur les pistes discutées.

 

« Le vélo est un mode de déplacement qui permet de maintenir une distanciation sociale », a souligné Pierre Serne, président du Club des villes et territoires cyclables lors d'un webinaire organisé par le centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema).

La question des déplacements après la période de confinement se pose. Outre l'appréhension des usagers de réinvestir des espaces partagés, les transports en commun ne pourront pas absorber les mêmes flux avec les nouvelles contraintes d'espace nécessaire entre les passagers.

« Certains opérateurs comme la SNCF ont indiqué qu'en appliquant rigoureusement la distanciation dans leur train, ils ne pourraient transporter que 20 % des passagers habituels, a précisé Mathieu Chassignet, ingénieur mobilité à la direction régionale Hauts-de-France de l'Agence de la transition écologique (Ademe), interrogé par Actu-environnement. Tout dépend du niveau de rigueur appliqué, mais nous pouvons considérer qu'il y aura une réduction par deux des capacités de transport ».

Cette période de l'après confinement imposera donc de revoir les habitudes de déplacement mais également d'offrir de nouvelles possibilités de transport, notamment avec le développement de pistes cyclables temporaires. « Il y a un enjeu à préparer l'espace public pour que les usagers puissent faire un choix, dont la circulation à vélo, de manière confortable » a indiqué Thomas Jouannot, directeur de projets modes actifs du Cerema.

Un coup de pouce de l'État pourrait venir accentuer le report sur le vélo. À la demande du ministère de la Transition écologique, le Club des villes et territoires cyclables coordonne une campagne de recueil des initiatives des collectivités sur la question. L'idée est également d'identifier les freins pour les lever au plus vite. « Une quarantaine de collectivités ont déjà fait remonter des propositions, des évaluations et des cartes de ce qu'elles prévoient, a détaillé Pierre Serne. Des solutions seront proposées début mai dans le cadre d'un document guide, en forme de mode d'emploi de bonnes pratiques, pour que les collectivités, qui mettent en place des aménagements cyclables temporaires, puissent le faire de manière coordonnée ».

Proposer des itinéraires cyclables continus

Pour sélectionner les grands axes à sécuriser, les collectivités pourraient s'appuyer sur leur schéma vélo, selon Mathieu Chassignet. « Le réseau théorique pour les vélos existe. Les collectivités peuvent utiliser l'itinéraire de pistes cyclables qu'elles ont prévu de mettre en place à un horizon de cinq à dix ans, estime-t-il. Autant utiliser ce contexte comme un accélérateur de réseau pour le vélo : une étape intermédiaire avant de les pérenniser ».

Les associations de réseaux cyclables peuvent également constituer un point d'appui. Ainsi, la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) propose, par exemple, une carte de visualisation de ces zones à aménager en priorité et des points noirs, par commune.

D'un point de vue administratif, l'ensemble des outils nécessaires semble déjà être disponible. « Dans la majorité des cas, sauf dans certaines situations comme à proximité des tramways ou pour celles nécessitant l'accord des architectes des bâtiments de France, cela relève du pouvoir de police de prise d'arrêté du gestionnaire. Il faudra un avis parfois conforme, ou parfois consultatif. Mais il n'y a pas d'obstacle majeur », a assuré Thomas Jouannot. Les procédures longues, nécessaires lors d'aménagements à proximité de tram ou impliquant l'avis des architectes des bâtiments de France, pourraient être exceptionnellement raccourcies. « Nous ne pouvons pas attendre les délais d'instruction classiques, a pointé Pierre Serne. Je ferai remonter ce point »

Autre difficulté qui pourrait être en discussion : les règles de gouvernance. « À l'échelle d'une métropole, toutes les collectivités doivent travailler ensemble pour réaliser un axe continu et sécurisé ; c'est la difficulté », a noté Agnès Laszczyk, vice-présidente de la FUB. Une des questions posées sera donc : en cas d'opposition entre les collectivités, maires et préfets, comment débloquer rapidement la situation ?

Des vélos et des réflexes de cyclistes à développer

« Outre un bon aménagement temporaire, il faudra également permettre un accès aux vélos, éventuellement avec de nouvelles aides à l'achat, à la réparation, ou à la location. Nous réfléchissons à des pistes ; pour l'instant rien n'est acté » a indiqué Pierre Serne. J'ai eu l'assurance de l'État qu'il y aurait des aides mises en place pour accompagner les collectivités. Cela pourrait passer par les certificats d'économie d'énergie et le fonds national vélo ».

Autre point à ne pas négliger : une sensibilisation des nouveaux cyclistes aux règles et comportements à adopter, mais également un accès à des parkings pour vélos. « En plus de la communication, il faudrait mettre en place des contrôles et des sanctions pour que les stationnements sauvages de véhicules ne pénalisent pas les aménagements cyclables provisoires », a complété Élodie Trauchessec, animatrice mobilité à l'Ademe. Il n'y a pas toujours de la place pour un partage de voie. Il faut donc réduire la vitesse pour faire cohabiter les usages ». Et parmi ces derniers, le piéton doit figurer comme un acteur à part entière. « Pour que le commerce local reparte, il ne faut pas oublier les piétons, a souligné l'animatrice mobilité de l'Ademe. Notamment dégager de l'espace sur les stationnements des voitures pour permettre de maintenir un espace de protection entre les personnes ».

Des collectivités remises en selle

 
L'avantage de l'aménagement provisoire, c'est que nous pouvons le modifier si cela ne convient pas  
Pierre Serne, président du Club des villes et territoires cyclables.
 
« La vraie question est : sommes-nous prêts à pénaliser un peu la voiture pour faire de la place au piéton ou au vélo ? interroge Mathieu Chassignet de l'Ademe. Certains maires ont commencé par refuser ces aménagements temporaires puis ont revu leurs positions comme Bordeaux, Toulouse et Angers. C'est encourageant. Il y a une vraie demande et dans le contexte électoral, les maires suivent ».

 

Cette mobilisation peut également conforter et accélérer des projets en cours, comme celui du collectif Vélo Île-de-France, le RER V (RER vélo). Ce projet de réseau de voies cyclables continues pourrait compter, à terme, près de 650 km de pistes, dont un certain nombre suit les lignes du RER francilien. « Nous avons retenu, pour la création du réseau, des pistes cyclables unidirectionnelles ou bidirectionnelles, les voies vertes existantes et des vélorues », explique Rivo Vasta, chargé de mission du Collectif Vélo Île-de-France.

Le projet a le soutien de la Région Île-de-France et du département du Val-de-Marne. Sur un coût des travaux estimés à 500 M€, la Région s'est engagée à en financer 60 % et est prête à mobiliser jusqu'à 300 M€. Son objectif aujourd'hui : « la réalisation de plusieurs lignes provisoires très rapidement, par des aménagements souples et légers, permettant de préfigurer le réseau définitif », a-t-elle assuré. L'aide régionale passera ainsi de 50 % à 60 % pour les itinéraires du RER V, avec un plafond de subvention relevé à 600 000 € par kilomètre (contre 275 000 € actuellement), et à 6 M€ (contre 2 M€ actuellement) pour les projets de passerelles, ouvrages d'arts et traitements de points durs.

« Il y a une réflexion qui va être menée à l'échelle de l'Îe-de-France sur comment se déplacer après le 11 mai », a précisé Charlotte Guth, cheffe de la mission aménagements cyclables de Paris. Dans la capitale, l'expérience de la grève des transports en commun a déjà préfiguré les mouvements de report sur les autres modes dont le vélo. « Notre objectif est de créer de nouvelles pistes qui respectent la distanciation sociale, a indiqué Charlotte Guthnous. Nous avons regardé les lignes les plus empruntées ou potentiellement saturées et nous avons sélectionné les lignes 1, 4 et 13 ». La ville n'a pas encore finalisé son projet et poursuit les concertations avec ses partenaires. « Nous privilégions les pistes unidirectionnelles, nous garderons les bandes de stationnement existantes qui permettent souvent les livraisons ; nous les décalerons dans certains cas, a ébauché la cheffe de la mission aménagements cyclables de Paris. Il a également été proposé des déplacements des zones de livraison et la modification des sens de circulation plus que la fermeture des rues pour maintenir l'accessibilité aux marchandises ».

Une classification par niveau de difficulté du projet

Certaines collectivités comme Grenoble Alpes Métropole ont choisi de passer par une classification des niveaux de difficultés pour la réalisation des aménagements. Dans les niveaux les plus complexes figurent des opérations qui impliquent une maîtrise d'ouvrage pluridisciplinaire, comme la réalisation de plan de circulation, des modifications de plans de feux, ou des aménagements à proximité de lignes de tramway. « Nous nous penchons sur la nécessité d'avoir une étude globale, type plan de circulation, pour évaluer les impacts cumulés des différents aménagements, même en période de faible trafic, a complété Simon Labouret, chargé de mission vélo de Grenoble Alpes Métropole. Cela va nous permettre une logique d'évaluation et d'adaptation ». La métropole souhaite également instaurer un observatoire en continu des aménagements pour vérifier que les options prises sont les bonnes.

Un aménagement qui autorise des ajustements

« L'avantage de l'aménagement provisoire, c'est que nous pouvons le modifier si cela ne convient pas », a rappelé Pierre Serne, président du Club des villes et territoires cyclables. Certaines villes ont effectivement misé sur la souplesse et se sont rapidement attelées à la réalisation d'aménagements cyclables temporaires, quitte à les modifier ensuite.

Montreuil compte, quant à elle, déployer près de 8 km de pistes cyclables temporaires sur des axes structurants. « Nous nous appuyions sur notre plan vélo 2018-2022. Dans de nombreux cas nous préfigurons des pistes qui seront définitives », a expliqué Medy Sejai, directeur des espaces publics et mobilité de la ville de Montreuil. Nous avons également choisi des axes en prenant en compte la présence d'hôpitaux sur notre territoire et autour. En principe les pistes vont permettre aux bassins d'emploi d'être desservis ».

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