Lucky

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L'après confinement va-t-il se traduire par une augmentation des déplacements à vélo et une plus grande floraison des pistes cyclables ? Avec Frédéric Héran, économiste et urbaniste, Stein van Oosteren, porte parole du Collectif Vélo Île-de-France, et Olivier Razemon, journaliste spécialiste des questions de mobilités.

 

Alternatiba Strasbourg, Alsace Nature, ASTUS, Le CADR67, le Collectif Réinventons l’avenue des Vosges, Greenpeace, groupe local de Strasbourg, Piétons67, Strasbourg Respire, Vélorution Strasbourg et les ateliers d’auto-réparation vélo A’Cro du Vélo , Bretz’selle , La Schilyclette, Le Stick, ont adressé ce jour à l’Eurométropole de Strasbourg une lettre ouverte détaillant des propositions concrètes d’aménagements cyclables temporaires sur l’agglomération.

Cette lettre ouverte vient compléter un appel du CADR dans le même sens, envoyé au Maire de Strasbourg, à l’EMS ainsi qu’aux candidat·e·s à la mairie de Strasbourg.

Depuis le 14e siècle de nombreuse épidémies ont déferlé sur l'Europe parmi les incontournables ingrédients les voies de communication international ….la suite expliqué dans la vidéo ci-dessous.

 

Une vraie alternative à la voiture en ville, ce cargo à pédales. Trop cher ? Mais non : on peut apprendre à le fabriquer soi-même, et pour le prix d’un simple vélo. Exemple à Lorient dans les ateliers de l’Abri Syklett*.

© Vél’Orient

Vélo rallongé à l’arrière ou équipé d’une caisse à l’avant, le « vélo cargo » permet de transporter enfants et charges lourdes (courses, surfs, instruments de musique…). « Le vélo cargo est né aux USA et en Europe du nord, dans les années 2000. Inspiré des vélos utilitaires du début du XXe siècle, il a été remis au goût du jour par des surfeurs et des skateurs qui ont inventé le mode de vie qui va avec », explique Serge Philippe.

Bon bricoleur

© Vél’Orient

Séduit par le concept, il s’est lancé dans la construction de son premier prototype dès 2010.

« J’ai trouvé des modèles sur internet. Je suis mécanicien de formation et bon bricoleur, ça paraissait jouable. J’ai greffé deux vélos ensemble, fixé une planche, et voilà ! J’ai été le premier à en avoir un sur le pays de Lorient et ça a plu autour de moi. Du coup, avec l’association, on a lancé la fabrication d’autres prototypes puis, à titre personnel, je suis passé à la vitesse supérieure en investissant dans un vélo neuf, un modèle avec caisse devant, haut de gamme, à assistance électrique. À chaque fois que je le faisais essayer tout le monde était emballé mais c’était beaucoup trop cher, personne ne pouvait se permettre d’en acheter un. Parmi les gens qui viennent nous voir, certains choisissent le moyen de transport vélo pour des raisons économiques. Ils se déplacent soit à pied soit en bus parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter une voiture. Un vélo cargo serait idéal pour eux mais il faut compter entre 2 500 et 6 000 euros. Ça s’adresse à celles et ceux qui ont les moyens ou qui ont décidé de remplacer leur voiture par ce mode de déplacement. Un art de vivre pas accessible à tous. »

 

Savoir partagé

Ainsi est née l’idée de développer une flotte de vélos cargos « chic et pas cher », du fait maison, construit en combinant du neuf et de la récup.

« On part d’un vélo électrique neuf, sélectionné pour son rapport qualité/prix, et on le transforme en vélo-cargo avec des vélos et des pièces de récupération. En gros, il faut compter 350 € pour un vélo équipé de batterie plomb (pour des batteries au lithium, c’est plus cher et pas forcément utile), et une vingtaine d’heures de boulot. Chacun peut inventer son modèle. Moi, je suis là pour jouer le « coach technique », mais après c’est une question de goût, chacun fait son vélo à sa mesure, suivant sa personnalité ; c’est une sorte d’œuvre et en plus c’est un moyen de transport ! On en a déjà fabriqué trois sur Lorient et cinq dans une commune proche. Quand il y en aura dix en circulation sur Lorient, ça fera de l’effet ! ».

Le bouche à oreille fonctionne, et grâce à lui, une douzaine de personnes sont actuellement en train de construire leur vélo cargo à l’Abri Syklett. Ils devraient être terminés d’ici quelques semaines, en attendant qu’un nouveau groupe prenne le relais, car l’idée c’est que ceux qui ont appris se chargent ensuite d’une partie de la transmission du savoir… et ainsi de suite !

Emmanuelle Debaussart et Serge Philippe, Vél’Orient


Vous pouvez aussi vous inspirer du tuto de Vel’Orient sur Youtube.


* L’abri Syklett est un collectif comprenant quatre associations : Vel’Orient (membre de la FUB), l’UEAJ (éducateurs), OPTIM-ISM (légumes bio) et la Sauvegarde 56. Voir syklett.bzh

Un article à lire aussi dans Vélocité n°144 — janv.-fév. 2018, une publication de la FUB.

En Île-de-Franc l’usage du vélo pourrait bondir «  de 400 000 à 800 000 » personnes à vélo par jour estime la présidente de la région Valérie Pécresse une hausse comparable à celle enregistrer lors des dernières grèves de la RATP.

Pour préparer à passer le cap elle travaille « avec le RER-vélo », un collectif d’associations qui a imaginé neuf lignes cyclables, jusqu’à Mantes-la-Jolie ou Melun. L’idée est d’« expertiser tout ce qu’on peut faire, très rapidement », explique Valérie Pécresse à l’AFP.

Paris, qui a déjà multiplié les pistes cyclables, compte « favoriser les déplacements domicile-travail » à vélo après le déconfinement, indique à l’AFP l’adjoint à la mairie en charge des transports, Christophe Najdovski.

Cela passera par « des aménagements légers, peu coûteux, rapides à mettre en œuvre, sécurisés et réversibles » sur la chaussée d’habitude réservée aux voitures et aux deux-roues motorisés, poursuit-il.

La métropole de Lyon veut aménager « de nouveaux espaces piétons et de nouvelles pistes cyclables » avec des « modulations possibles en fonction des horaires », dit David Kimelfeld, président de la métropole.

Grenoble, Montpellier ou Rennes prévoient aussi d’accélérer leurs plans vélo.

Concrètement, le centre d’études Cerema suggère de « réduire le nombre de voies motorisées », de quatre à deux par exemple, d’« élargir les aménagements cyclables existants » et de « modifier le plan de circulation ».

L’enjeu ne concerne pas que les centre-villes mais aussi « des voiries plus interurbaines ou périurbaines », souligne Pierre Serne, qui prend l’exemple d’hôpitaux excentrés où des soignants vont travailler à vélo.

Pour la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), il est primordial d’installer ces pistes cyclables provisoires sur des axes entiers, pas seulement des tronçons isolés, de les accompagner de parkings à vélo provisoires et d’en installer qui suivent le tracé de lignes de métro.

« Il faut vraiment sécuriser les infrastructures » pour que les cyclistes se sentent en sécurité, insiste Olivier Schneider, président de la FUB.

Le simples marquages au sol ne suffira pas , il faudra utiliser du matériel de chantier, des plots en béton, des gros blocs de plastique comme le préconise le CEREMA.

 

Les élus et une partie des experts de la santé publique pensent que de favoriser l'usage du vélo facilitera la sortie de crise du coronavirus. Un des enjeux serait d’équiper les gens en vélos. En plus des primes existantes pour acheter des vélos électriques et des vélos cargo, la FUB et  L’Heureux Cyclage (le réseau des Ateliers vélo participatifs et solidaires) défendent l’idée d’un chèque de 100 euros pour « financer la remise en état de vélos » qui sommeillent aujourd’hui dans des caves et au fond des garages dans le respect des gestes barrière.
Cette prime permettrait également aux réparateurs de vélos, qui font partie des commerces prioritaires, de rouvrir rapidement leur portes de leurs échoppes qu'il ont dû se résigner à fermer par manque d'information de la clientèle.

Des chercheurs, notamment en Italie, ont  trouvé une corrélation entre le niveau de pollution et la vitesse de propagation du coronavirus.
Les particules fines et ultra-fines émises dans l'air par l'exploitation des ressources (gaz,pétrole,charbon, bois,culture intensive)  permettent au virus de se déplacer sur de plus grandes distances , et de contaminer potentiellement plus de gens.


Laisser la circulation reprendre comme avant, sans restriction d'usage ni mise en place de solutions alternatives (comme l'aménagement de davantage de pistes cyclables), reviendrai  à faciliter la diffusion du coronavirus.

Au courant du mois de mars un premier épisode de pollution printanier a été constaté en plusieurs points du territoire, notamment en Ile-de-France et dans le Grand-Est, les deux régions les plus touchées par la propagation de l’épidémie de Covid-19. Car, si les mesures de confinement ont permis de réduire la pollution liée au trafic routier avec une chute spectaculaire des émissions d’oxydes d’azote, elles n’ont pas eu d’effet sur les niveaux de particules fines, les plus dangereuses pour la santé, car elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires. Ces niveaux ont même augmenté au cours de la semaine à la faveur des conditions météorologiques (ensoleillement et absence de vent) pour dépasser, samedi 28 mars, les limites légales, dans l’agglomération parisienne, le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin.

Outre le chauffage résidentiel au bois, cet épisode de pollution se caractérise par « une part importante de particules secondaires formées à partir d’ammoniac et d’oxydes d’azote, l’ammoniac étant issu majoritairement des épandages de fertilisants », rappelle Atmo Grand-Est, l’organisme chargé de la surveillance de la pollution de l’air dans la région. Le processus chimique est bien connu : lors des épandages agricoles, le gaz ammoniac (NH3), en passant dans l’atmosphère, réagit avec les oxydes d’azote (NOx) – issus du trafic routier ou de l’activité industrielle – pour former des particules de nitrate d’ammonium et de sulfate d’ammonium. Ces particules peuvent voyager sur plusieurs kilomètres, d’où les pics de pollution constatés dans des grandes agglomérations, comme Paris, Strasbourg ou Mulhouse.

 

Les zones touchées par ces pics sont aussi celles qui paient le plus lourd tribut au coronavirus. Dans une note diffusée vendredi 27 mars, Atmo France, qui regroupe l’ensemble des organismes de surveillance de la qualité de l’air, conclut qu’« une exposition chronique à la pollution de l’air est un facteur aggravant des impacts sanitaires lors de la contagion par le Covid-19 ».

 

Les élus écologistes de l'agglomération ont demandé à Bordeaux Métropole de profiter du déconfinement progressif pour faire plus de place aux cyclistes. Le maire de Bordeaux Nicolas Florian leur répond que ce n'est pas la priorité du moment.
"Face à la pandémie, changeons de voie." C'est le titre du communiqué publié ce jeudi par le groupe Europe Ecologie Les Verts de Bordeaux-Métropole.

Les élus réclament la mise en place, au moins temporaire, d'aménagements de l'espace urbain pour permettre aux citoyens de préférer le vélo à la voiture ou aux transports en commun. Et de citer les boulevards et les grands cours qui structurent le centre de Bordeaux où on pourrait "sanctuariser des espaces pour les cyclistes."

"Il faut éviter que les transports en commun soient bondés, explique le maire de Bègles Clément Rossignol-Puech, et que la distanciation sociale soit impossible c’est à dire que les gens soient serrés les uns contre les autres en période de pointe. Comme ils ne vont pas vouloir avec raison, ils risquent de reprendre tous leur voiture et on va arriver dans une situation paradoxale où on va avoir plus de voitures, plus de bouchons et plus de pollution qu’avant la crise du coronavirus alors que tout le monde s’accorde à dire qu’il faut travailler au monde d’après, c’est à dire un monde qui trouve des solutions aux problématiques."

Une réflexion déjà menée à Paris ou Montpellier mais qui ne semble pas être, dans l'immédiat, celle du maire de Bordeaux.

Je pense qu’il faudrait qu’il prenne son téléphone, qu’il appelle des maires de grandes villes qui ont pris cette décision et je pense qu’il changerait d’avis — Clément Rossignol - Puech

"C’est un peu le choc de l’idéal et de la triste réalité des choses, constate Nicolas Florian. Moi je ne crois pas que dans les premières semaines qui suivront le déconfinement, on ait intérêt à ralentir ce que pourra être une reprise d’activité. On a tous intégré dans nos politiques publiques des dispositions pour augmenter les déplacements doux. On est sur du moyen et du long terme. Je pense qu’il y aura le lendemain du confinement qui va d’abord mobiliser toute notre énergie. La priorité des priorités après le 11 mai, c’est la remise en service de tous nos services publics. Qu’on intègre par anticipation des aménagements futurs,  on commence déjà à y travailler théoriquement. Mais de là à le faire matériellement et physiquement, ça risque d’être compliqué."

Un argumentaire qui ne semble pas satisfaire les Verts de la métropole. "Moi en tant que maire de Bègles, poursuit Clément Rossignol - Puech, je vais écrire au président de la Métropole (ndlr : Patrick Bobet) en lui suggérant des voies sur ma commune. Je regrette la décision du maire de Bordeaux. Je pense qu’il faudrait qu’il prenne son téléphone, qu’il appelle des maires de grandes villes qui ont pris cette décision et je pense qu’il changerait d’avis."

 

 

Sur le même sujet : Le vélo « pas la priorité » de Bordeaux Métropole pour le déconfinement 
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Illzach, juste à côté de Mulhouse. On aime le vélo pour ce que ce moyen de déplacement a de génial : silence, sport, simplicité, sympathie. Et quand on aime, on partage.  "Achtung bicyclette" a pour vocation d’encourager les déplacements quotidiens à vélo, mais aussi d’organiser des sorties ou des ateliers de réparations. Tout ça se passe dans la région mulhousienne, mais, où que vous soyez, si vous avez envie de pédaler pour la bonne cause, rendez vous sur la page Facebook des coursiers solidaires, vous y trouverez en particulier une très intéressante carte participative :

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Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, de nombreuses villes ont choisi de faciliter la pratique du cyclisme afin de permettre aux citoyens de respecter les mesures de distanciation sociale et de réduire la pollution de l'air. Ces mesures semblent passer complètement au dessus de la casquette de certain élus locaux et du Préfet du Haut-Rhin. Exemple à Mulhouse où par principe de précaution on s'est empressé  de poser des barrières et des écriteaux pour  fermer l'itinéraire  EV6 qui longe le canal du Rhône au Rhin entre Riedisheim  et Brunstatt.  Cette piste cyclable  est un itinéraire touristique mais est surtout fréquenté par des cyclistes navetteurs qui empruntent cette itinéraire pour se rendre directement au travail ou à la gare centrale de Mulhouse.
De facto ces citoyens n'ont d'autres choix que de partager  le réseau classique dédié à l'automobile.  On observe à Mulhouse comme dans l'ensemble du département  que la vitesse des voitures est en hausse et que part conséquent  le risque d'accident grave  plus élevé pour le cycliste.

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